Nos Ancêtres les Gaulois : le Retour ! - Première partie

Publié le par Robin Maillard

Bonjour à toutes et à tous !

Je me suis rendu compte récemment que des liens concernant des textes que j'ai rédigés ne fonctionnent plus. Je pense notamment à la série consacrée aux Gaulois publiée dans l'excellent Battle's Beer Mag aux numéros 5, 6 et 7.

De ce fait, je vais donc les retranscrire sur ce blog, mais revus et corrigés !

Et on commence donc par la première partie, celle qui tentait succinctement de définir le principe même de Gaulois et qui fut publiée dans le Battle's Beer Mag n°5 le 21 septembre 2012 !

Bonne lecture à toutes et à tous ! Et n'hésitez pas à laisser des commentaires si vous avez des questions !

 

R.M.

 

Nos ancêtres les Gaulois !

 

Salut à tous, beeriens et beeriennes !

Aujourd’hui, point de nouvelle de votre serviteur (je sais, j’entends déjà les soupirs de certains… Comment ça des soupirs de satisfaction ???). Non, les Muses ne se sont pas manifestées pour que je puisse vous proposer une nouvelle de quelques pages (ce que j’ai fait dernièrement est assez long et nécessiterait la moitié du mag).

Aussi vous proposé-je, un petit quelque chose sur nos ancêtres les Gaulois.

 

Ah ! les Gaulois ! Que de souvenirs quand on évoque nos chers aïeux moustachus ! Des guerriers qui ne craignent pas la mort ! Des druides au savoir infini ! Et les chefs Gaulois eux-mêmes ! Brennus heureux pilleur de Rome ! Vercingétorix avec sa glorieuse victoire de Gergovie et sa malheureuse mais non moins héroïque défaite à Alésia en – 52 ! Nous avons tous en mémoire cette image où le chef des Gaulois unis face à l’envahisseur romain jette avec majesté ses armes aux pieds d’un César conquérant.

Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César, de Lionel Royer, 1899, Musée Crozatier du Puy-en-Velay.

Nous avons tous en mémoire également, et je parle surtout pour moi, des images d’Epinal nous assurant que nos ancêtres antiques étaient blonds et/ou roux, qu’ils portaient leur chef sur un bouclier, qu’ils mangeaient des sangliers à foison et faisaient ripailles jour et nuit !

Ces souvenirs, nous les devons également à Astérix qui a bercé notre enfance (la mienne du moins et continue toujours de me faire bien marrer). Les menhirs, les dolmen, toutes ces constructions mégalithiques sont l’œuvre des Gaulois nous disait-on autrefois. La preuve, acquiesçait-on en lisant Astérix, c’est qu’Obélix est un tailleur de menhir !

 

Mais voilà. Beaucoup de choses sur nos ancêtres celtiques s’avèrent être fausses. Par exemple, le coup du chef sur un bouclier, c’est pas Gaulois, c’est Franc, donc Germanique et date de quatre siècles après la défaite d’Alésia. Du coup, on comprend mieux pourquoi Abraracourcix tombait très souvent de son bouclier !

Le sanglier ? Un animal sacré ! Ca oui ! Mais il semblerait que son rôle de nourriture était assez rare. Un peu comme les vaches sacrées en Inde si vous voulez, ce qui n’empêchait toutefois pas nos ancêtres de consommer du cochon domestique.

Les ripailles ? Là oui, c’est assez vrai. Quand les Gaulois célébraient quelque chose, et bien ils n’y allaient pas de main morte !

Les menhirs, les dolmens ? Perdu ! Ceci non plus ce n’est pas Gaulois. Cela date de l’époque préhistorique et c’est donc plus ancien que les Gaulois.

Les Gaulois étaient tous roux ou bonds ? Perdu aussi ! Cette dernière légende est due au fait que les Gaulois se teignaient les cheveux pour paraître plus effrayants lors des combats. En vérité, il y avait évidemment des Gaulois roux, blonds, mais aussi bruns ou aux cheveux noirs.

Et les Gaulois après l’invasion romaine alors ? Etaient-ils soumis à ces Romains, présomptueux conquérants étrangers de ces terres ? C’est bien plus compliqué que cela.

 

Vous l’aurez compris, le thème est vaste. Du coup, je n’oserai que vous proposer un modeste résumé des connaissances actuelles (enfin dont j’ai actuellement connaissance… ), résumé qui, toutefois sera divisé en trois parties, et je m’en excuse. Mais que voulez-vous ! Il y a tant de choses passionnantes à dire que, me connaissant, je ne connaîtrais pas la quiétude au soir où je vous écris cela si je n’ai pas tout dit ! Et comme je ne peux décemment pas squatter toutes les pages de l’excellent magazine que vous tenez entre les mains ou que vous lisez via votre ordi, ou votre smartphone, ou votre tablette, sait-on jamais, je me dois de diviser mon propos.

 

Première partie : Les Gaulois ? C’est qui ?

Mais commençons par le commencement.

A l’aube des temps siégeait Taranis sur une roue d’or qui envoyait des éclairs à Toutatis qui buvait sa cervoise personnelle tout en pelotant… Non… C’est pas ça... Pardon…

Ah ! Ca y’est ! C’est comme ça que ça commence :

 

Qui nomme-t-on les Gaulois ?

Des Celtes ? Assurément. Mais pas n’importe quels Celtes ! Ceux compris entre le Rhin, la Manche, l’Atlantique, les Pyrénées, la Méditerranée et les Alpes (et encore si on met de côté la Gaule Cisalpine, actuelle plaine du Pô, donc maintenant en Italie). Et qui a donné cette définition ? A votre avis ? Jules César lui-même !

Car c’est là l’un des problèmes quant à définir un Gaulois. C’est que nous partons dès le départ avec la vision de César. Et comme on sait que notre général et consul de Rome définit ainsi la Gaule dans son célèbre récit de la Guerre des Gaules, et bien on se rend compte que cela correspond à peu près au territoire qu’il a conquis, lui, montrant ainsi à ses compatriotes, en vue d’arriver au pouvoir suprême à Rome, qu’il a soumis un peuple et un territoire uni pour la gloire de la Ville Eternelle.

Or, en dehors de ce territoire, d’autres celtes vivent. Les Bretons, par exemple, sur les îles actuelles de Grande-Bretagne, de Man et d’Irlande, les Celtibères au Nord-Ouest de l’Espagne, et d’autres Celtes en actuelle République Tchèque, ancienne Bohème – d’ailleurs, il semblerait que le mot Bohème soit d’origine celtique – et même en Anatolie, en Turquie actuelle, où les Galates s’établirent à partir de – 278. Il faut savoir qu’ils ont laissés leur nom à plusieurs provinces actuelles : Galice en Espagne, Galicie en Ukraine, etc… Et restons dans les noms, juste pour l’anecdote : saviez-vous que le mot Gaulois lui-même, en français, ne viendrait pas selon les dernières études du mot latin gallus qui désigne les gallinacés ? Et bien non ! Il viendrait d’un mot germanique, Walχisk, qui signifierait approximativement « étranger ». Ironique, n’est-ce pas ? Donc, si nous devons traduire correctement, il ne faudrait plus dire Nos ancêtres les Gaulois, mais Nos ancêtres les étrangers

Revenons à notre définition de Gaulois, car il y a un autre problème. César dit qu’au-delà du Rhin vivent les Germains et qu’en-deçà du fleuve, les Gaulois. Le Rhin serait donc une frontière naturelle (on trouvera l’écho de cette frontière naturelle pendant la Révolution Française où la France conquérante estimait que le Rhin dans sa totalité devait être sa frontière).

Mais voilà, pendant la Guerre des Gaules, des Germains, donc des populations d’Outre-Rhin, se trouvent en territoire gaulois (chez les Séquanes, actuelle Franche-Comté). Les Séquanes auraient pu les jeter dehors à coups de pied dans le fondement, mais ils étaient dans l’incapacité militaire de leur résister. Comme ils étaient brouillés depuis longtemps avec leurs voisins gaulois Eduens et que leurs autres voisins Helvètes avaient été défaits par les Romains, ils durent appeler ces derniers en renfort (et donc notre vieux Jules). Quand Jules César rencontre la première fois Arioviste, le chef de ces Germains sans-gêne, ce dernier lui parle non pas en germanique, ni même en latin… mais en gaulois ! Du coup, les spécialistes ne savent pas si les Germains en question étaient gaulois, ou si la langue gauloise était la langue internationale au Nord des Alpes en ce temps-là (vous apprendrez au passage que le mot Bavière, oui oui, le land de nos voisins et amis Allemands où des moustachus blonds en salopette boivent des litrons de bière à en pisser sous la table, et bien Bavière serait aussi d’origine celtique… Comment ça c’est un cliché de dire que les Bavarois portent la moustache ???).

Et enfin, les Gaulois ne formaient aucun pays uni comme on l’entend actuellement. Ils étaient divisés en plusieurs nations qui avaient leur dirigeant, leurs lois : les Arvernes, les Eburons, les Parisii, les Leucques, les Séquanes, les Rauraques et tant d’autres encore…

Bref, vous le voyez : c’est le bordel !

Mais, me diriez-vous, ne pourrait-on pas se baser sur la langue pour dire qui est Gaulois et qui ne l’est pas ? Et je vous répondrais :

Oui, c’est une bonne idée. Mais elle se confronte à deux problèmes majeurs à mon avis : premièrement, les Gaulois, et particulièrement les plus érudits d’entre eux, les druides, n’aimaient pas vraiment écrire. De ce fait, nous n’avons que (trop) peu d’écrits en gaulois et ceci ne nous aide pas à connaître la langue gauloise aussi bien que nous connaissons le latin ou le vieux norrois (même si ces dernières années les archéologues, historiens et linguistes ont fait d’énormes progrès !).

Le second problème vient du fait qu’il semblerait que le Gaulois ne soit pas parlé de la même façon en fonction de la région. Ainsi, il n’est pas certain qu’un Helvète de l’actuelle Suisse comprenait un Armoricain vivant au bord de l’Atlantique. Un peu comme autrefois quand chaque région avait son propre patois.

Alors, le Gaulois existe-t-il ?

Bien sûr ! Il existe de nombreux points communs entre ces différents peuples ! Le style architectural (car les Gaulois, à l’époque de l’invasion romaine, commençaient à bâtir en pierre) comme les oppida ! Ces grandes cités fortifiées aux carrefours commerciaux, la plupart construites au sommet de collines et de monts imprenables ! Et les Dieux ! Si on a peu d’écrits les concernant, on a toute une série de témoignages et une iconographie communs au territoire qui s’étend de la Turquie à l’Irlande, de l’Ecosse à la Méditerranée. Et les Druides aussi ! Puisque ceux-ci se rassemblaient dans la célèbre forêt des Carnutes (pas loin de Chartres si je ne dis point de bêtise) et en Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) selon César.

Plateau de Gergovie, Puy-de-Dôme : ruine de l'oppidum gaulois qui tint en échec les armées de César en -52.

Vous l’aurez compris, aborder les Gaulois n’est pas chose aisée, puisque j’ai déjà perdu une partie de mon récit à vous les définir tant bien que mal. Et je me dois donc de cesser mon récit ici.

Je sais, j’entends déjà les soupirs de certains qui, touchés par mon texte, ne peuvent s’empêcher de verser une larme ! Je ressens l’impatience des autres qui ne tenant plus sur leur chaise, sur leur fauteuil, paniquent déjà de ne pas pouvoir lire la suite ! Je vois déjà d’autres encore partir vers le frigo, ressortir les cinq packs de 33 qu’ils gardaient pour aller au prochain concert de Bélénos et se noyer de dépit dans l’alcool !

Je sais… Je sais tout cela et m’en excuse. Je m’excuse d’être la cause de vos prochaines insomnies (non non, je vous assure, je ne prends pas la grosse tête ! ) Mais sachez qu’elles ne dureront que jusqu’au prochain épisode sur nos ancêtres celtiques et qui parlera des Dieux Gaulois… Si vous vous procurez, bien sûr, cet excellentissime webzine qu’est Battle’s Beer Mag !

 

Rob.

Publié dans Histoire

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