Nos Ancêtres les Gaulois : le Retour ! - Deuxième partie

Publié le par Robin Maillard

Bonjour à toutes et à tous !

Aujourd'hui, je vous présente la deuxième partie du dossier sur les Gaulois, publiée dans le Battle's Beer Mag n°6 le 21 mars 2013. Ici nous allons parler des Dieux gaulois.

Bonne lecture !

R.M.

 

Nos ancêtres les Gaulois !

 

   Salut à tous, Beeriennes et Beeriens !

   Après vous avoir alléché les babines avec mon premier article sur nos Gaulois nationaux (et internationaux aussi, puisque la Belgique, le Luxembourg, la Rhénanie et la Suisse font partie de l’ancien territoire de la Gaule), après vous avoir tant bien que mal expliqué que la définition d’un Gaulois n’était pas aussi simple que prévue, je vais vous parler des divinités gauloises.

   Ben oui ! Vous qui êtes fans de Pagan, pagan signifiant païen, païen étant le nom donné par les chrétiens pour tous ceux qui suivaient les rites antiques, il fallait bien qu’on en parle, de ces Puissances anciennes, divinités mystérieuses, êtres surpuissants peuplant les rêves et les pensées de nos lointains ancêtres.

 

Seconde partie : Des Dieux, par Toutatis ! Des Dieux !

(et aussi des Déesses, parité oblige)

 

   Comme expliqué dans l’article précédent, les druides, détenteurs du savoir, n’écrivaient pas. Enfin, ils n’écrivaient pas sur les mythes, les Dieux, les rites. Ils savaient écrire (on a retrouvé des traces d’écriture gauloise utilisant soit l’alphabet latin, soit l’alphabet grec), mais ils ne l’utilisaient pas pour tout ce qui touchait au sacré.

   De ce fait, nous n’avons que pour témoignages : les quelques écrits en Gaulois retrouvés, une iconographie foisonnante et les récits des Grecs et des Romains.

   Mais ce n’est pas suffisant, malheureusement, pour comprendre toute la complexité et la richesse du panthéon celtique.

   C’est pourquoi des spécialistes comparent (avec raison, selon moi) les divinités de ce panthéon à d’autres panthéons (germanique, latin, grec, slave, etc…) Certains pourraient crier au scandale : « Quoi ! Les Dieux celtes ne sont ni romains, ni germains, ni grecs… »

   C’est vrai. Aussi vrai que les civilisations celtique, germanique, romaine, grecque ont pour même origine la civilisation des Indo-européens, peuple non attesté archéologiquement mais dont les langues, les principes, les divinités et les rites se sont transmis à leurs descendants et, ainsi, semblent prouver leur existence passée. Et ces descendants (d’un point de vue sanguin ou culturel, peu importe) sont pléthores et se sont principalement épanouis, pendant longtemps du Portugal à l’Inde, avant de s’étendre aux Amériques et au-delà.

   Mais revenons à nos Dieux.

   Les Gaulois avaient une foultitude de Dieux et Déesses : des divinités majeures comme Taranis et Brigantia (qui a donné le prénom Brigitte… ben oui, ce prénom un peu passé de mode est peut-être l’un des rares prénoms actuels d’origine gauloise) aux divinités plus locales comme Luxovius ou Vosegus. Et je vais tenter de vous expliquer au mieux qui ils étaient et comment ils étaient représentés (étant donné que les religions anciennes ne sont pas dogmatiques, et donc figées comme celles que nous connaissons, ces divinités revêtent parfois plusieurs identités et donc plusieurs noms).

   Selon Claude Sterckx, éminent spécialiste d’Outre-Quiévrain (c’est-à-dire de Belgique) du monde celte, cinq divinités importantes ressortent de tous ces témoignages écrits ou visuels : la Déesse Mère ou Grande Mère (et non grand-mère, désolé pour les gérontophiles), le Père Souverain (non non, pas de père, de fils, de saint-truc et autres salamalecs chrétiens, ne vous inquiétez pas), le Dieu-Fils (même remarque que précédemment), le Dieu-Lieur et le Dieu-Roi.

 

1. La Déesse Mère

 

   La Déesse Mère n’est ni plus ni moins que l’incarnation de la Terre elle-même et, à ce titre, passe pour être la Mère de tous les Dieux et l’épouse d’un Dieu-Père. De cette Déesse, les Celtes insulaires (Grande-Bretagne et Irlande) ont gardé le nom de « Divine Ana » ou « Di-ana ». Un lien avec la Diane romaine ? Exact (vous voyez bien que les civilisations celtiques et romaines ont une origine commune !). Cette Di-ana a donné en Irlande le nom de Dana, qu’on retrouve dans les Tuatha de Danann ou en Français, la Tribu de Dana (non, je ne fais pas ici référence à Manau…, nous sommes dans un magazine de Métalleux, ne l’oublions pas !)

   En Gaule, on connaît mieux les surnoms de cette Déesse que son nom véritable (même si on en retrouve la trace dans le nom du fleuve Danube). Parmi ses surnoms, il existe Arduinna, qui donnera son nom au massif des Ardennes. Il y a également Abnoba ou Mattiaca. Mais c’est le surnom de Matrona qui revient le plus souvent.

   Sous cette appellation (qui vient du gaulois matir signifiant mère), elle a laissé son nom à plusieurs rivières comme la Marne. On la représente souvent sous la forme d’une triple déesse et sous cet aspect, elle préside à nos destinées telles les Parques grecques et les Nornes scandinaves. D’ailleurs, sur ces représentations gauloises, on retrouve le fuseau qui tisse les destinés, le rouleau (livre) où tout est écrit, la balance, la barque vers l’au-delà, etc., et la triple Déesse prend l’aspect de trois visages féminins : l’un jeune, l’autre mature, le troisième vieux ; la naissance, la vie et la mort.

 

2. Le Père Souverain

 

   Après la Déesse Mère, voici le Père Souverain. Si la Grande Mère donne naissance, le Père « insémine » la vie en elle. C’est aussi lui qui gouverne le monde car il assure la perpétuation des cycles vitaux : cycle des naissances et des morts, cycle des saisons, cycle du jour et de la nuit, etc. Sa « semence » n’est ni plus ni moins que sa science divine. De ce fait, c’est un Dieu omniscient, modèle des druides. A propos de ces derniers, les druides étaient au plus haut niveau de la société, devant les nobles et donc les rois, mais nous y reviendrons un peu plus tard. C’est également le Souverain juste, qui fait tout ce qu’il faut pour que le monde reste monde.

   Son principal attribut est le gourdin (objet phallique, s’il en est) ou la massue, lui servant à féconder la Déesse Mère et qui est également un axe cosmique qui fait « tourner » notre monde. Ce gourdin possède deux extrémités. L’une permet de tuer instantanément la personne qu’elle touche, l’autre de redonner la vie. Et grâce à lui, il recueille les étincelles de vie qu’il a prises dans un chaudron qui lui sert de réserve, réserve dans laquelle il puise quand il redonne la vie (ça doit pas être simple de se trimballer avec un gourdin et un chaudron, tiens !) D’ailleurs, sur le très célèbre chaudron de Gundestrup, on voit une divinité plongeant des guerriers dans un énorme chaudron, pendant que d’autres combattants sortent de ce même récipient.

 

 

Un élément du chaudron de Gundestrup montrant le Dieu-Père plongeant un guerrier dans un chaudron.

 

   En Gaule, on connaît principalement deux de ses surnoms (ou épiclèses) : Sucellos et Taranis. Et il existe de très grandes chances qu’Esus, Toutatis et Cernunos soient eux aussi des épiclèses de ce Dieu Père.

   Sous son appellation de Sucellos (qui signifie bon frappeur), il est représenté tenant un maillet (une sorte de massue élaborée en fin de compte) et octroie vie et mort.

   En tant que Taranis (le Tonnant en Gaulois), il est le Dieu céleste qui envoie la foudre et le tonnerre, comme son nom l’indique. Pour ce faire, on le voit tenant le foudre (non non, ce n’est pas une faute de français, LE foudre ça existe… et je ne ferai pas le jeu de mot avec le synonyme de semence en langage vulgaire que vous attendez tous, petits fripons va !) et posant à côté d’une roue solaire. Cette roue rappelle les cycles dont il est à l’origine. Inutile de vous préciser que par cet aspect « électrique », les Romains l’assimilèrent aussitôt à Jupiter, Père des Dieux et des Hommes. D’ailleurs, un élément de mythologie celtique est perceptible dans la représentation du Jupiter à l’Anguipède. Il s’agit d’une statue de Jupiter-Taranis monté sur un cheval qui foule de ses sabots un monstre à corps d’homme et à jambes en queues de serpent, le tout posé sur une colonne (là encore, un élément phallique). Mais malheureusement, nous ne connaissons pas avec exactitude la signification de cette scène.

 

Taranis tenant le foudre et la roue solaire.

 

   Le lien entre le Père-Souverain Esus serait à voir avec l’interprétation même de ce nom : « le bon » ou « le maitre ». Il est représenté sous un aspect proche de Jupiter : âge mûr et barbu. On le voit toutefois très souvent en train d’abattre un arbre. Curieuse représentation a priori, peut-être que les bûcherons étaient tenus en haute estime chez les Gaulois ? Mais l’arbre en question peut aussi être un symbole de la vie et de la mort sous plusieurs aspects : ses racines s’enfoncent profondément sous terre, ses branches s’élèvent dans le ciel, et quid des feuillus qui perdent leurs feuilles mortes avant l’hiver, feuilles qui renaissent au printemps ?

   Et Toutatis ! Ah ! Toute de suite, quand on le clame, ça fait très « Astérix » ! Bref, il semble que ce titre de Toutatis soit une autre épiclèse du Père Souverain. Selon Claude Sterckx, il ne s’agit donc pas d’un Dieu que chaque tribu gauloise implore comme étant son propre Dieu. Touta étant difficilement traduisible, il peut signifier à la fois la tribu, la population en général, les gens, voire même le genre humain. De ce fait, c’est un Dieu commun à tous les Gaulois. Et c’est suivant une formule de Lucain dans sa Pharsale qui voit alignés trois noms l’un après l’autre Toutatis, Taranis et Esus, qu’on peut considérer ces derniers comme des épiclèses du Père Souverain.

 

 

Cernunnos représenté sur un élément du chaudron de Gundestrup.

 

   Et enfin le titre de Cernunnos. Nom très connu alors que, paradoxalement, on ne l’a retrouvé écrit que quelques fois, notamment sur le célèbre Pilier des Nautes à Paris. On le voit sur le Chaudron de Gundestrup, assis en tailleur et affublé de bois de cerf. Une tablette de cire découverte en Roumanie atteste de son assimilation à Jupiter. Et de bois de cerf à cornes, il n’y a qu’un pas. On parle d’un Jupiter Corn… (l’inscription retrouvée dans le Vaucluse est mutilée). Il s’agissait soit de Jupiter Corniger « qui porte des cornes », soit Cornutus « cornu ». Non pas que son titre signifie le cocu ou je ne sais quelle autre fantaisie. Non non. Il faut voir, comme dans toute divinité cornue, non un adultère amoureux, encore moins une quelconque œuvre du malin, mais simplement là un symbole de virilité et donc… de fécondité, voire de semence inséminée par un gourdin pour finir sur une note très classe.

   Et quand fécondation il y a, enfant il y aura.

 

3. Le Dieu-Fils

 

   Ce Dieu-Fils, comme ses parents, revêt plusieurs aspects et donc plusieurs noms. En Gaule, il est connu sous le nom de Maponos, littéralement « le fils divin », Dieu de la jeunesse assimilé à Apollon par les Romains.

   Mais c’est surtout sous l’appellation de Lugus qu’il est le plus présent. César en arrivant en Gaule l’a interprété comme étant Mercure. Et avec la conquête romaine, on retrouve de nombreuses représentations, statues et cultes en l’honneur de Mercure-Lugus, car il était, sans conteste, le plus honoré.

   Lugus est le Dieu inventeur de tous les arts (l’interprétation moderne lui donne parfois le nom de polytechnicien, dans le sens qu’il maîtrise de nombreuses compétences… ce qui n’est pas forcément le cas de nos polytechniciens actuels). Ainsi, il est le patron de tout artisanat, qu’il s’agisse de cordonnerie ou de forge. Et à ce titre, il est même associé à la médecine. Bref, une sorte de surdoué divin, si vous voulez.

   Selon César, dans La Guerre des Gaules, « il est aussi [pour les Gaulois] celui qui indique la route à suivre, qui sert de guide, celui aussi qui est le plus à même de faire gagner de l’argent, de faire prospérer le commerce. » De ce fait, il veille sur les voies de communications (on le qualifie de Viator « voyageur » ou Peregrinorum « Dieu des voyageurs et des étrangers »)

   Autre aspect, Lugus a un lien privilégié avec l’aube. En effet, à Augsbourg en Allemagne, on a retrouvé une inscription en l’honneur de Mercure[-Lugus] Matutinus qui signifie en Gaulois « relatif à l’aube ». Sans oublier les nombreuses représentations gauloises de ce Dieu accompagné d’un coq, animal de l’aube, par excellence. De ce fait, cela fait de Lugus un Dieu lumineux, à l’instar d’Apollon… ou Maponos. Cet aspect solaire se retrouve également dans le fait que ses sanctuaires se trouvent en hauteur, donc plus près du soleil (comme le sanctuaire du Donon dans les Vosges).

 

Sanctuaire du Donon dans les Vosges.

 

   Et, point commune avec la Déesse Mère, il est parfois représenté avec trois visages ou trois têtes.

   Lugus est si important dans le panthéon celtique qu’il a laissé son nom à de nombreuses localités : Laon dans l’Aisne, Saint-Lizier en Ariège, Laons en Eure-et-Loir, Loudun dans la Vienne, ou encore Lyon. Sans oublier tant d’autres cités hors de France comme Londres qui sont, par le nom de ce Dieu, liées les unes aux autres.

 

4. Le Dieu-Lieur

 

   Restons dans le lien et parlons du Dieu-Lieur. Ce dernier est en premier lieu une sorte de souverain, différent du Père Souverain – avec qui il travaille toutefois – dans le sens où le Dieu-Lieur s’apparente à un souverain terrible (ce qui n’est pas le cas du Dieu Père, comme mentionné plus haut) et qui est à la fois guerrier et magicien. Et par son côté terrible, il punit ceux et celles qui ont l’outrecuidance de ne pas suivre les règles du Père Souverain.

   Mais le Dieu-Lieur est avant tout celui qui lie, d’une certaine manière, le monde des mortels au monde divin.

   En Gaule, ce Dieu est nommé Ogmios. César, en voyant son côté guerrier, l’a assimilé à Mars. Mais Lucien de Samosate l’a plutôt comparé à Héraclès.

   Lucien (né vers 120 ap. J.C., mort après 180), hellénophone (c’est-à-dire qui parle grec, pas qu’il chante des chansons mièvres d’une certaine Hélène qui eut son petit succès au début des années 90) voyagea quelques temps dans la vallée du Rhône. Il découvrit alors une représentation, un tableau montrant un Héraclès vieux, portant massue, arc et peau de lion (les attributs habituels du fils de Zeus). Cependant, ce vieil homme que les indigènes appellent Ogmios a de nombreuses chaînettes d’or et d’ambre qui sortent de sa bouche, partent de sa langue percée, et sont attachées aux oreilles de jeunes gens le suivant a priori volontairement. Car Ogmios est Dieu de l’éloquence, et quoi de mieux que l’éloquence pour lier les hommes et les Dieux ?

 

Représentation d’Ogmios.

 

   De ce fait Ogmios a subi une mutilation puisqu’il a la langue percée et c’est ce qui le rend bègue (c’est un peu dommage pour un Dieu de l’éloquence), mais c’est le prix à payer pour acquérir son pouvoir.

   Ainsi, on pourra faire un parallèle avec le germanique Odin qui devint borgne puis se pendit à une branche d’Yggdrasil avant de se faire transpercer par sa lance Gungnir, afin d’acquérir la sagesse, la connaissance des choses cachées dont les runes, et donc la magie. Vous le voyez, dans les mythologies des descendants des Indo-Européens, on retrouve donc plusieurs fois cette figure du Dieu-Lieur (notamment le Varuna indien).

   D’ailleurs, pour vous montrer à quel point cette histoire de Dieu-Lieur est restée dans l’inconscient collectif, je me souviens, il y a fort longtemps, au commencement de la démocratisation d’Internet, avoir lu une théorie qui expliquait que Sauron, dans l’œuvre de Tolkien, possédait une partie des caractéristiques de ce Dieu-Lieur.

   Ogmios est donc éloquent. Il n’est donc pas étonnant de voir sa version irlandaise Oghma inventer les oghams, cet alphabet typiquement celte. Oghma est également un grand Mage et nul doute que, pour les Gaulois, Ogmios l’était lui aussi.

 

5. Le Dieu-Roi

 

   Après avoir vu le Père Souverain, exemple des druides, après avoir vu le Dieu-Lieur, sorte de jumeau terrible du Père Souverain, voici le Dieu-Roi, exemple des rois. Car si l’autorité religieuse, chez les Celtes, édicte la loi, c’est le pouvoir temporel du roi qui l’applique, un roi guerrier.

   Chez nos ancêtres Gaulois, il portait le nom de Nodens. Et oui, amis lovecraftiens et cthulhuïstes, Lovecraft s’est inspiré de la mythologie celtique pour son personnage de Nodens, comme il s’est inspiré de la mythologie amorrite (peuple antique de Syrie) pour Dagon. Si l’on se fonde sur Nuada, la version irlandaise de Nodens, il est fort probable que le Dieu-Roi soit affublé d’un bras en argent, faisant de lui un roi distributeur de richesse et donc de prospérité.

   Nodens est également assimilé à Mars (et ça repart !) par les Romains. En cela, il revêt donc une fonction guerrière non-négligeable, voire protectrice, puisqu’il peut être considéré comme le protecteur du monde, monde engendré et mis en mouvement par le Père Souverain et la Déesse mère.

  

   Bien entendu, il serait réducteur de ne parler que de ces cinq divinités principales, et comme je l’ai dit plutôt, les Celtes avaient de nombreuses divinités.

   Parlons en premier de Bélénos, déjà, parce qu’un excellent groupe porte son nom. Et puis aussi parce qu’il était important pour les Celtes, Dieu lumineux comme Lugus, mais plus « brillant » que lui d’un point de vue…euh… éclairage (l’origine de son nom signifierait le brillant ou le resplendissant). Honoré le 1er mai par la fête de Beltaine, il était le Dieu de la beauté, de l’harmonie, mais aussi de l’intuition et de l’invention… de l’invention ? Peut-être est-ce là, tout simplement un autre surnom du Dieu-Fils ?

   Il existe également le Dieu-Forgeron Gobannos, même s’il est plus représenté de manière guerrière qu’en train de façonner le métal, mais son nom signifie « le Divin Forgeron ».

   Les Celtes ont bien un Dieu de la mer à l’instar du Neptune romain. On pense notamment à Manannan Mac Lir en Irlande. Mais en Gaule, il ne semble pas qu’une divinité maritime de la même envergure fût ainsi révérée. Seules sont attestées les nombreuses entités qu’étaient les divinités fluviales comme par exemple Rhenus Pater (le Père Rhin).

   Brigantia était peut-être un autre visage de la Déesse Mère car l’un de ses attributs était la fécondité. En cela, elle est patronne de tous les animaux et, notamment des bovins. Et bien oui, les vaches, comme les taureaux, sont une représentation importante de la fécondité. Brigantia régnait également sur les arts, la magie, la médecine et même la guerre. C’est suite à cette dernière que les Romains l’assimilèrent à Minerve. Selon César, Brigantia « transmet les principes des savoir-faire », ce qui rejoint Minerve adorée pour sa sagesse. D’ailleurs, le culte de Brigantia était si populaire que les évangélisateurs chrétiens durent proposer aux Celtes une certaine Sainte Brigitte pour mieux les convertir…

   N’oublions pas Epona, Déesse associée aux chevaux, incarnant d’une autre manière la fécondité et l’abondance (une autre épiclèse de la Déesse-Mère ?), et dont le culte s’exporta avec succès dans tout l’Empire Romain après la conquête de la Gaule.

 

Epona sur son cheval.

 

   Citons aussi Rosmerta, parèdre (divinité possédant les mêmes attributs qu’une autre divinité dont elle est mariée) de Lugus ; Bélisama parèdre de Bélénos ; Nantosuelta parèdre de Sucellos (et donc autre surnom de la Déesse Mère ?) ; Camulos, le Dieu Guerrier ; ou d’autres divinités plus locales comme Luxovius, Dieu des sources thermales qui donna son nom à la ville de Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône… Oui… ok… je sais, c’est là où je suis né… Mais bon, j’ai le droit de mettre en avant les choses qui me font plaisirs. Les journalistes professionnels ne se gênent pas pour ça alors pourquoi pas moi ?

 

   Vous le comprenez, il existe encore beaucoup de choses à dire sur les Dieux et les Déesses des Gaulois et j’espère vous avoir défriché un chemin inconnu de vous, là, qui ne connaissiez que peu de choses aux gauloiseries de nos ancêtres. Et pour ceux qui voudraient se pencher sur l’affaire et faire quelque chose de plus exhaustif que cette modeste contribution que vous lisez, je ne saurais trop vous conseiller Mythologie du monde celte de Claude Sterckx ou encore La civilisation celtique et Magie, médecine et divination chez les Celtes de Christian-J. Guyonvarc’h.

   Peut-être certains me reprocheront d’avoir fait quelques parallèles avec les divinités romaines et grecques. Mais, comme je l’ai expliqué au début de mon récit, ces parallèles étaient indispensables pour tenter d’expliquer les divinités celtiques qui, par le manque de traces écrites de la part de nos ancêtres, arborent encore des facettes bien mystérieuses. Et puis, il faut dire qu’avec l’incorporation de la Gaule dans l’Empire Romain, les noms romains étaient souvent utilisés pour désigner tel ou tel Dieu, suite à la romanisation des Gaulois.

   Et ce sera le thème de la prochaine et dernière partie : la romanisation de la Gaule, que vous retrouverez dans le prochain numéro de l’excellentissime Battle’s Beer Mag !

 

Rob.

Publié dans Histoire

Commenter cet article